Je commence ici une série de billets concernant une problématique souvent rencontrée en pratique clinique : la « peur » des traitements, surtout médicamenteux, ou tout du moins une réticence à accepter ou à continuer de les prendre une fois prescrits. Il s’agit bien ici d’essayer de comprendre ce dont il s’agit, quelles peuvent être les idées sous-jacentes à ce comportement. Il ne s’agit absolument pas de critiquer ou de considérer que les patients sont dans le tort. La prescription médicale est un acte collaboratif, comme son nom de l’indique pas : le médecin recommande (« prescrit ») et le patient donne son accord puis suit la recommendation (la prescription). Il est de notre devoir de praticien d’informer convenablement, de façon « claire, loyale et adaptée » comme le dit la formule consacrée, pour que le (non-)consentement du patient soit éclairé.
Je veux essayer de creuser ici les idées qui peuvent justement influencer le consentement du côté du patient, en dehors des informations délivrées par le médecin. Il s’agit d’essayer de les réfléchir indépendamment les unes des autres, et peut-être de mieux comprendre ses propres idées même si elles sont différentes. Il est important de préciser également qu’il ne s’agit pas de remettre en question la nécessité d’un traitement médicamenteux. Le praticien peut considérer cette approche préférable pour de multiples raisons, par rapport à une approche psychothérapeutique par exemple : moyens financiers du patient, gravité de la pathologie présentée, disponibilité des psychothérapeutes dans le coin, etc. Si tant est que toutes ces raisons sont présentées et discutées, je ne suis pas là pour remettre en cause l’indication du traitement. Mais bien du fait que, malgré un accord entre le patient et le médecin sur tous ces points, la conséquence directe (i.e., la nécessité de prescription d’un médicament) n’apparait ni évidente ni souhaitable au patient.
Ci-dessous les différents épisodes de cette série, qui s’étoffera au fur et à mesure.
